Point Reyes Seashore Reserve : Alamere Falls

16janvier 2017, 13h00 (UTC-9), 113 Roxie Rd, Fairbanks
Neige, -34°C

Pour mon avant-dernier jour à San Francisco, Valérie propose à mes parents et à moi l’une de ses balades favorites dans les environs de San Francisco : « Le chemin côtier menant à Alamere Falls est magnifique, 5.5 miles aller-retour, sans grand changement d’élévation. » nous décrit-elle « A l’aller, continuer jusqu’au terrain de camping et revenez le long de la plage. Au retour, prenez le raidillon qui monte dans les falaises » continue-t-elle.  Bien qu’à la description j’ai imaginé une petite promenade de quelques heures, tout au plus quatre en comptant les pauses et les flâneries, j’emporte un morceau de fromage, un quignon de pain et du saumon fumé. Pour éviter de répéter l’erreur de Hetch Hetchy, nous planifions un arrêt rapide à l’un des supermarchés de l’autre côté de la baie pour acheter une bouteille de blanc.

Direction Bolinas, à la bordure sud de Point Reyes National Seashore, nous quittons la ville en empruntant le Golden Gate. A Mill Valley, nous nous ravitaillons dans le même Safeway, où, deux ans auparavant, Florian, Simon, Caroline et moi nous nous étions approvisionner pour deux jours de camping. L’excursion s’était transformée en déroute totale sous un pluie battante. Après avoir visité les séquoias de Muir Woods National Monument en fin d’après-midi, nous soupions dans l’un des bistros de Stinson Beach et discutions des différentes alternatives, bien conscient que la veille tente que nous avions n’aller pas résister longtemps avant de prendre l’eau de toute part. Finalement, nous téléphonions à l’auberge de jeunesse de Point Reyes : « Oui, nous avons encore quelques lits libres dans le dortoir » affirme la voie à l’autre bout de la ligne avant d’ajouter « La réception ferme dans 40 minutes ». 22 miles nous séparent de l’auberge, avec la pluie, il faut compter en tout cas 50 minutes. Après avoir réussi à négocier une prolongation de 15 minutes, nous nous précipitions dans la voiture et au final, dormirons dans des lits bien secs.

Par monts et par vaux, une petite route sinueuse nous conduit jusqu’au village côtier de Stinson Beach. Je me souvenais de quelques maisons aux jolies façades blanches bordant la rue principale ; aujourd’hui je découvre que le village s’étends sur la bande de sable séparant la baie de Bolinas d’un lagon éponyme. A l’extrémité du môle, une passe de quelques dizaines de mètres et de l’autre côté, le village de Bolinas. Au gré des marées, le flux s’inverse inlassablement, tantôt l’océan envahissant le lagon, tantôt le lagon se déversant dans l’océan. Après avoir contourné le lagon, nous bifurquons sur une petite route s’enfonçant à travers la campagne bucolique environnant Bolinas. L’aire de parking d’où débute la promenade est envahi d’une vingtaine de voiture. Je me rappelle Valérie me dire qu’en été nombreuses sont les personnes qui marchent jusqu’à la cascade avec glacières et chaises pour un barbecue dominical.

Panorama cotîer

Le sentier s’enfonce dans une forêt d’Eucalyptus suit les courbes d’un petit val avant se surgir sur une tête dénudée et longer le sommet d’une falaise. Au pied, du goémon flotte paresseusement, oscillant avec la houle venant se briser sur les rochers. La météo est exceptionnelle, dans le lointain, nous distinguons les Farallon Islands et au-delà, ciel et océan se confondent dans les brumes de l’horizon.  Par moment, le paysage me rappelle une balade dans le Royal National Park au sud de Sydney : un large chemin de terre battue, avec quelques portions rocailleuses, ouvert dans une dense végétation que d’aucun ne saurait traverser facilement ; parfois, au sommet d’une tête, l’étendue plate d’un lac au milieu des fourrés scintille au soleil. Pas après pas, il me semble que nous avons déjà bien parcouru plus de 3 miles, et pourtant pas la moindre trace d’une douce descente en direction de la plage.

Plage sablonneuse au pied des falaises

Au contraire, nous arrivons au sommet d’un promontoire. Sous un soleil ardent, une faible brise marine soulève la poussière de la terre desséchée. Le panorama est magnifique : la vue embrase la côte s’arquant vers le Nord-Est de la baie de Drake, là où le célèbre navigateur atterrissait sur la côte ouest du continent Nord-Américain lors de sa circumnavigation. Après être descendu dans un petit vallon qui amène à un camping. A tout hasard, je regarde la carte sur l’un des panneaux signalétiques, et estime que nous avons déjà parcouru environ 6 miles. Pourtant nous voici bien au camping décrit par Valérie, là où nous devons faire demi-tour et suivre le long de la plage jusqu’à la cascade.

 

Alamere Falls

A peine une heure après l’étal de haute mer, les vaguent se brisent encore haut sur la plage. Par moment, l’écume vient lécher le pied des falaises. Au sud, le rideau blanc de la cascade se découpe sur les falaises beiges. A mesure que nous approchons le nombre de silhouette admirant la chute d’eau se fait de plus en plus élevé. Après trois heures de marche, l’apéro est plus que bienvenu. Nous regardons, impressionnés, le flux continu de badauds arriver et repartir, qui après un pique-nique, qui après une photographie. Deux cascades plongent de la falaise en parallèle. Profitant de l’humidité, les mousses prolifèrent de part et d’autre. Difficile tâche d’en capturer une belle image dans ce va et vient de quidams qui tentent de s’immortaliser avec la chute d’eau en arrière-plan.

Nous complétons la boucle en gravissons le chemin escarpé taillé dans la falaise. Un peu plus de deux heures plus tard, et près de 18kilomètres parcouru nous sommes de retour à la voiture. Si cette ballade est sympathique, je n’en garderais pas un souvenir aussi intense que Valérie. La cascade est jolie, et si d’habitude j’apprécie les paysages côtiers, j’ai trouvé la vue quelque peu monotone. De loin, j’ai préféré la promenade du premier jour ou celle dans le Mt Diablo State Park, aux panoramas plus divers. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons rapidement à Bolinas, un village à tendance riche-hippie et surfeur argenté.

De retour à San Francisco, je ne pourrais m’empêcher de taquiner Valérie sur les imprécisions de distance. Interloquée, elle avait pourtant vérifié le chemin parcouru sur son blog, où elle décrit bien dans le premier paragraphe une promenade de 5.5 miles aller-retour, mais conclu avoir marché plus d’une quinzaine de kilomètres à la fin. Mais tout est bien qui finit bien, avec un excellent apéro, doublé d’un non moins succulent souper. Et pour finir la soirée, tout en dégustant un petit digestif, Valérie et moi finissons de construire l’iconique bus VW.

 

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