Dernier jour à San Francisco

Carte en relief de la Baie de San Fransisco

28 janvier 2017, Fairbanks
nuageux, -15°C

Hier soir, au retour de notre ballade, j’ai jeté un coup d’œil sur les prévisions météorologiques de Fairbanks. NOAA, l’équivalent étasunien de MétéoSuisse, a émis un bulletin spécial pour l’Alaska, annonçant une sévère tempête hivernale avec accumulations de neige jusqu’à 12 pouces et du vent frisant 45mph (80km/h) dans les rafales touchant l’Alaska Interior [note] les vastes plaines et collines s’étendant du nord de l’Alaska Range jusqu’au sud des Brooks Range [/note]. Devais-je changer mon vol pour un itinéraire direct, et décollant plus tôt ? Au matin, ma décision est prise. 10 minutes plus tard, je volerais de San Francisco avec escale à Seattle, départ en fin d’après-midi pour atterrir à Fairbanks peu après minuit, plutôt que d’arriver en milieu de matinée.

Point n’est besoin de se faire du mauvais sang, il est temps de profiter de ma dernière journée à San Francisco, en faisant quelques boutiques. Le copieux petit-déjeuner n’empêchera pas à ce que l’eau me vienne à la bouche lors de la visite de la boucherie Oliver’s Butchery. Héritage de la tradition française, il propose de nombreuses découpes souvent laissées pour compte aux États-Unis d’Amérique. Mis à part les nombreuses variations autour du steak (New York, T-Bone, flank…), les filets mignons et faux-filet, les étatsuniens ne sont guère intéressés par des morceaux plus particuliers. Bien souvent, la majeure partie de l’animal termine en viande hachée et morceaux à ragout. Les armoires réfrigérées aux portes vitrées regorgent de viandes marinées, de succulentes poitrines de porc entières… À la craie sur un tableau noir, la disponibilité des « dry aged steaks » est indiquée : 100, 150, 200 ou même 300 jours de faisandages pour des morceaux qui se bonifient avec le temps. Le nec plus ultra de la cuisine contemporaine à ce qu’il parait. Hors de prix bien entendu.

 

L'étalage frigorifique de la boucherie [Oliver's Butchery, San Francisco]
Moins d’une heure après le petit-déjeuner et j’en ai déjà l’eau à la bouche
Deux ans en arrière, Valérie m’avait parlé de Rainbow Grocery, un supermarché coopératif qui fait la part belle à la bonne chère : produits locaux et organiques, large choix d’épices, importante sélection de légumineuses, de riz et autres produits en vracs de toutes origines. Je me délecte de la variété des graines : seigle, sarrasin, amarante, teff, faro… Fromages et huiles d’olive ne sont pas laissés pour compte. La raison l’emportera sur l’estomac, et je ne ramènerais qu’une petite sélection : seigle, poivres mélangés et une boîte métallique contenant 3l d’huile d’olive.

Allée des huiles d'olives [Rainbow Grocery, San Francisco]
Cinq étagères, le choix d’une huile au milieu d’une centaine différente est difficile
Un dernier passage par Castro pour visiter quelques échoppes d’artistes locaux. Dans l’une d’elles, l’emblématique drapeau arc-en-ciel du Castro, symbole de la cause LGBT, remplace l’océan sur une représentation tridimensionnelle de la baie de San Francisco. Magnifique.

Carte en relief de la Baie de San Fransisco
Les couleurs du fameux drapeaux du Castro, le quartier LGBT de San Franscisco, remplace le bleu océanique

La fin de l’après-midi arrive, avec elle une dernière bière en famille à la brasserie Barebottle Brewing Company, celle où Valérie et Ozgür avaient emmené Alex et moi lors de notre visite en novembre. Les bières sont toujours aussi bonnes, et au prix très légèrement surfait. Me voici à nouveau à l’aéroport, dans un peu plus de huit heures je serais de retour en Alaska, au milieu d’une tempête de neige, avec un peu plus de 3 heures d’ensoleillement pour la semaine à venir. Je vais regretter San Francisco et la chance d’une météo exceptionnelle pour cette semaine : pas un jour où le brouillard n’a touché la côte, ni de nuage dans le Yosemite. Merci, papa et maman, pour le billet d’avion, merci, Valérie et Ozgür, pour l’accueil. Merci à tous pour ce grand moment passé ensemble.

Après avoir passé l’Alaska Range, l’avion amorce sa descente. Jusque-là, le vol tranquille m’avait permis de trier les nombreuses photographies, édité mes préférées dans l’espoir de les publier rapidement. Maintenant, à travers le hublot, je ne vois que la multitude de traces parallèles laissées par les flocons éclairés par les puissantes lampes de position. Le vol se fait chaotique, l’avion roule d’un bord sur l’autre, plonge dans des trous d’air. Très rapidement, tout effort pour continuer l’édition est réduit à néant. L’ordinateur glisse de gauche à droite sur la tablette. Les mouvements sont tant abrupts et hasardeux que le pilote invite les stewards à s’asseoir et attacher leur ceinture, et les passagers à relever leur dossier. Une légère tension est palpable dans l’avion. Ce n’est qu’en approche finale, à quelques centaines de mètres au-dessus du sol que je distingue les lumières de Fairbanks dans la mistoufle. L’avion tremble sous les bourrasques du vent soufflant diagonalement à la piste. L’atterrissage est rude.

Mise-à-jours:
– 28 janvier 2017, 16h40 (GMT-9), orthographe et grammaire.

N'hésitez pas à critiquer que ce soit pour l'ortographe, la grammaire, la qualité du texte ou des photographies...