Seul dans la nuit, contes et légendes septentrionaux

13 mars 2017, 113 Roxie Rd
Nuageux, neige, -12°C

Alone in the Dark – seul dans la nuit -, quand les créatures légendaires, aussi mystérieuses qu’effrayantes surgissent du tréfonds de l’obscurité. Les créatures – Qalupilak, le sorcier des mers, Jólakötturinn, le chat de Noël ou encore Baba Yaga, la sorcière noire – toutes émergent d’au-delà du cercle circumpolaire arctique. Alone in the Dark amène à la vie les contes et légendes du folklore septentrionaux : Islande, Norvège, Suède, Finlande, Danemark, Russie et Canada. Les marionnettes géantes prennent possession de la scène, émergeant des coulisses au son d’une voie narrant l’épopée.

Je ne saurais que vous conseiller d’écouter la bande-son originale du théâtre. À l’unisson des histoires, Alone in the Dark fait la part belle aux artistes nordiques. À chaque récit, ses artistes locaux : Pamyua, Björk et Islandica (Islande), Gjendines et Duivelspack (Norvège), Alla Gossar (Suède), Aamualla Varhain (Finlande), Brandon Fiechter (Russie) et Sainkho Namtchzlak (Canada). Au gré de la soirée, les récits se fond plus sombres, entraînant le spectateur dans la noirceur des histoires à faire peur.

Jólakötturinn, le chat de Noël (Yule Cat) – Islande

Jólakötturinn, un chat noir géant aux yeux couleurs de braises, erre dans les contrées enneigées durant les fêtes de Noël et mange les gens qui n’ont pas reçu de nouveaux habits avant la veillée de Noël. Tout au long de l’été,  la mère rappelle à l’enfant qu’il doit finir de tricoter le bonnet pour sa sœur, encore un bébé, sous peine qu’elle soit dévorée. Mais l’automne passe, les premiers frimas arrivent, l’enfant préfère s’amuser plutôt que de tricoter. Au soir de Noël, Jólakötturinn en quête de proie erre dans la campagne désertée. À l’approche du village, il trouve le bébé aux joues rosies et s’apprête à le dévorer, quand l’enfant intervient, lui donnant son bonnet. Jólakötturinn se tourne alors vers l’enfant pour le manger. Mais ce dernier après moult palabres arrive à convaincre  Jólakötturinn de les épargner tous deux, à condition que l’enfant écoute sa mère les années qui suivent.

The Yule Cat [Seward’s Follies, Fairbanks, Alaska]
Mareritt, le cauchemar – Norway

La Mareritt a deux visages, celui d’une jeune fille de toute beauté, ou celui des ténèbres, personnifiées par une tête rappelant celle d’un cheval aux yeux exorbités. Elle visite les enfants dans leurs rêves, qui deviennent parfois cauchemars. Ils se réveillent alors en sueurs, et Mareritt reprend son visage de jeune fille. À nouveau endormi paisiblement, Mareritt révèle son visage sombre.

Mareritt, le cauchemar [Seward’s Follies, Fairbanks, Alaska]
Metsänneito, la jeune fille de la forêt – Finland

Un père emmène son fils camper dans les forêts de Finlande. À la nuit venue, ils allument un feu. Surgissant de la lisière, une silhouette blanche s’avance vers eux, flottante au-dessus du manteau neigeux. Oscillant de gauche à droite, de droite à gauche, elle demande de l’aide en murmurant. L’enfant au cœur bon l’invite à se réchauffer près du feu et à partager à leur frugal repas.

Mais que se passerait-il, si l’enfant, méchant, avait repoussé la jeune fille de la forêt ? Metsänneito aurait alors entonné une mélopée, charmant le père de l’enfant. Alors qu’elle se retire, le père, envoûté, la suivrait au plus profond des bois et serait perdu à jamais.

Metsänneito, la jeune fille de la forêt [Seward’s Follies, Fairbanks, Alaska]
Qalupalik, le sorcier des mers – Canada

Dans un village au borde l’océan, les enfants sont interdits de jouer près de l’eau à la nuit venue, sinon Qalupalik, le sorcier des mers, les emporteraient pour les manger. Mais l’enfant n’a que faire de ses histoires, un soir il se promène seul près du rivage. Quand soudain, Qalupalik, un sorcier d’une taille gigantesque, surgit des flots et l’emporte dans sa main griffue au plus profond de l’océan. Alors que Qaluplaik s’apprête à le dévorer, l’enfant lui propose un marché, sa vie contre celle de sa petite sœur bien plus tendre. Qalupalik le ramène près du village et lui rappelle les termes de son marché. L’enfant, tout heureux, s’en retourne vers sa mère et lui raconte sa mésaventure. Sa mère entre bonheur et horreur refuse que l’enfant prenne sa petite fille et exige qu’il retourne au rivage et confesse à Qalupalik qu’il a menti. Ce sera la dernière fois que l’on verra l’enfant.

Qalupalik, le sorcier des mers – [Seward’s Follies, Fairbanks, Alaska]
Ce conte est le plus sombre de la série. Si les contes et légendes des traditions scandinaves et germaniques se terminent souvent de manière heureuse, les récits inuits sont bien plus cruels et la plupart des récits se terminent teintés d’horreur.

Trois autres légendes nous sont contées ce soir, Jötunn, le géant de gel en Suède, Qalutligsuak, le monstre cuillère du Groenland et Baba Yaga, la sorcière noire de Russie. Mes souvenirs sont confus, et je ne saurais faire un bon conteur. La marionnette de Jötunn est saisissante, massive, haute de plus de 3 mètres, deux marionnettistes meuvent ses bras, sa bouche et ses yeux lorsque  Jötunn se réveille. La rencontre de l’enfant avec Jötunn se scelle par une forte amitié et l’enfant, grandissant, viendra voir régulièrement Jötunn jusqu’à sa mort. Baba Yaga n’est pas sans rappeler la marâtre dont les frères Grimm se sont inspirés pour créer Hansel et Gretel. Quand à Qalutligsuak je n’en garde malheureusement que le souvenir de la marionnette.

Après le théâtre, Alex et moi dégusterons une bière en compagnie de Nicole et Matthew, avant de rejoindre d’autres amis au Pub du campus pour se laisser entraîner au son de Steve Brown and the Bailers, une véritable institution à Fairbanks depuis plus de 10 ans.

N'hésitez pas à critiquer que ce soit pour l'ortographe, la grammaire, la qualité du texte ou des photographies...