Aegi, de Roxie Road à No Way Lane

Mardi 20 juin 2017, Fairbanks, nuageux

Peut-être vous rappellerez-vous que peux avant l’arrivée de l’hiver, au mois d’octobre 2016, j’avais acheté l’un de ces iconiques Volkswagen bus. Son numéro de série et sa plaque d’identité m’apprenait qu’il s’agissait déjà du modèle T2 de 19761, et que sa production avait été planifiée pour le 13 octobre 1975.  Aujourd’hui il arbore encore ses couleurs originales, à savoir blanc pastel et vert sauge, qui lui ont valu son surnom Aegi, pour Aleutian Green, en référence au vert des îles aléoutiennes.

Aegi, fin février recouvert de neige

En fin d’hiver, BJ2 m’avait proposé de déplacer mon bus jusque chez lui et de le parquer à côté de son garage. Non seulement m’autorisait-il d’avoir accès à ses outils, mais se proposait-il de me donner quelques conseils pour restaurer le moteur. e connaissant bien, j’avais déjà imaginé qu’il se réjouissait de pouvoir m’aider et de mettre ses mains dans le cambouis. Après avoir profité des premières semaines d’été pour mettre ma maison en ordre, planter le jardin, réparer le bûcher, il est temps de déplacer le bus.

En ce pluvieux dimanche de juin, après avoir emprunté le truck Ford F150 d’Andy, Matthew et moi chargeons le bus sur la remorque louée chez UHaul de l’autre côté de Fairbanks. Tire-forts, cales… et une bonne heure et demie seront nécessaire pour mener la tâche à bien. Alors que la remorque est attachée au truck, le bus – et surtout le poids de son moteur – pèse lourdement sur les essieux arrière du véhicule tracteur. Une vingtaine de centimètres sépare le sol du timon, une bien maigre marge compte tenu de l’état de Roxie Rd, plein de bosses et de nids de poules. La solution évidente serait de décharger le bus, le tourner afin que le poids du moteur soit en arrière des roues de la remorque, et le recharge. Afin d’éviter cette longue opération, nous décidons de retourner le col de cygne et de monter la boule d’attelage à l’envers.

Une petite demi-heure plus tard, 17 miles plus loin, nous arrivons sans encombre à No Way Lane. BJ nous accueille avec un grand sourire: “Non, non, nous n’acceptons plus de bus VW”, sous le regard approbateur de sa femme Dorte. Il me semble heureux que je m’attelle enfin à la réparation de mon bus. Matthew se charge de faire un demi-tour à l’attelage, puis je conduis Aegi en roue libre sur une cinquantaine de mètres et le parque à côté du garage. Maintenant, il ne me reste plus qu’à réparer le moteur et d’ici quelques mois à repartir par mes propres moyens.

Notes:
1. lLes modèles étaient mis à jour en août d’une nouvelle année
2. le propriétaire de ma cabine

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